Exercice Sawa 2006
le 20 juin 2005 lors de la conférence d'initialisation à Addis Abeba.
- Mr. le Président Alpha Oumar KONARE, président de la
Commission de l'Union Africaine,
- Mr. Said DJINNIT, Commissaire pour la Paix et
Sécurité,
- Mr. le Ministre Pierre-André WILTZER, ambassadeur RECAMP,
- Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
- Mesdames et Messieurs,
Mr Javier SOLANA, Haut Représentant du Conseil de l'Union Européenne n'a pas pu être présent à cette importante conférence de lancement du cinquième cycle RECAMP et m'a demandé de le représenter. Je dois admettre que cela me fait particulièrement plaisir.
Car ce cinquième cycle marque un tournant dans le chemin de RECAMP avec l'implication de l'Union Africaine et de l'Union Européenne. Et parce qu'il se déroule dans une région qui depuis plusieurs années occupe toutes mes énergies.
Il y a trois ans j'ai assisté à la naissance, à Durbans. A l'époque, il y avait un certain scepticisme, un nouvel acronyme, une bureaucratie supplémentaire. Trois ans plus tard, on constate des progrès remarquables dans tous les domaines et surtout dans celui de la paix et la sécurité.
Dans ce domaine, aujourd'hui, l'UA est devenue un acteur stratégique majeur dans le continent africain. Je tiens à féliciter le Président KONARE et le Commissaire DJINNIT qui ont déployé des trésors d'énergies pour mener à bien cette difficile mission.
Le bilan de ces trois ans est particulièrement encourageant.
1/ D'abord l'opération de maintien de la paix au BURUNDI. Le processus de paix qui piétinait a été revitalisé et a permis aux Nations Unies de se préparer pour prendre la relève.
Cela a permis de réussir deux opérations majeures :
De premières élections réussies malgré des contestations et les prochaines élections sont le 4 juillet.
2/ en suite la République Démocratique du CONGO.
Avec la décision de Libreville confirmée à Abuja de déployer une force de l'U.A. pour le désarmement des forces des FDLR.
Effet d'annonce qui a produit les résultats majeurs suivants :
Car le désarmement des forces en présence se fonde sur trois composantes :
3/ finalement l' opération la plus importante au DARFUR.
Une opération aux effectifs de 3700 hommes qui devrait dépasser les 7000 hommes dans quelques mois. Elle a la lourde tâche d'apporter la solution à une des crises les plus tragiques qui bouleversent le continent africain.
Toutes ces étapes ont été accompagnées et soutenues par l'U.E.
D'abord la création de la " Facilité de Paix pour l'Afrique ". Hommage à la capacité de vision des leaders des pays ACP qui ont accepté de mettre à la disposition de la " Facilité de Paix " 200 millions d'Euros venant du FED. Je félicite mes collègues de la commission à Addis Abeba pour leur travail.
En ce qui concerne l'opération au Burundi, l'UE a rendu possible l'utilisation d'une partie des fonds FED de l'enveloppe B du Burundi pour financer l'opération jusqu'à la reprise de la part des Nations Unies. Crédit au gouvernement burundais qui a accepté d'utiliser ces fonds pour consolider la paix dans son pays.
En ce qui concerne la RDC, l'UE a annoncé immédiatement après le sommet de Abuja sa disponibilité à soutenir l'opération avec des ressources venant de la " Facilité de Paix ". Cela a donné la crédibilité à l'opération et a contribué à obtenir les résultats que j'ai mentionnés.
Enfin pour le Darfur, l'UE a mis à la disposition de l'Union Africaine les ressources financières et a donné un appui dans les domaines du transport, de la planification et de la logistique.
Mais la coopération entre l'UA et l'UE ne s'arrête pas là. D'autres pistes ont été suivies moins visibles, mais également prometteuses.
D'abord la mise en cohérence des efforts des Etats-Membres de l'UE en vue d'une meilleure efficacité globale. Cette démarche novatrice pour l'UE a conduit à l'élaboration et la mise en oeuvre d'un plan d'action en soutien de la paix et la sécurité en Afrique. Dans ce cadre, l'ensemble des instruments relatifs à la planification stratégique et à la gestion des crises sera mis au service de l'UA.
Une deuxième piste pourrait être la définition d'un plan d'action UA-UE pour la constitution des Forces Africaines en Attente. Ce plan d'action élabore en partenariat entre l'UA et l'UE porterait sur le renforcement des capacités stratégiques et opérationnelles de l'UA dans le domaine de la paix et de la sécurité.
Rien n'empêche que d'autres voies de coopération puissent être explorées dans le futur si l'UA le souhaite.
Et cela m'amène au thème d'aujourd'hui, le lancement du cinquième cycle RECAMP.
Il y a dix ans à New-York, après la faillite des opérations de maintien de la paix des NU en Angola-Rwanda-Somalie, les NU veulent passer les crises africaines à l'organisation régionale et aux organismes sous-régionaux. On découvre des slogans séduisants " African Ownerhip and African Solution of the African Problemes ". On combine le désir des Africains de prendre en main leur destin et le désir des pays occidentaux de se débarrasser de crises qu'ils considèrent intraitables et trop coûteux.
Il y a là un véritable piège !
Pour que l'organisme régionale et les organismes régionaux puissent assumer la responsabilité de la gestion des crises africaines il faut leur assurer :
La " Facilité de la Paix " a été une première réponse au problème du financement. Elle ne peut pas être la réponse définitive car des mécanismes consolidés et fiables doivent être mis en place.
Recamp a été une première réponse au problème de la formation des troupes. Des programmes similaires ont été développes par les Américains : Africa Contingency Opération for Training and Assistance, et, par les Britanniques : British Peace Support Team.
Je tiens ici à saluer l'effort que la France a déployé depuis près dix ans et la façon par laquelle elle a su coordonner RECAMP avec les autres initiatives (P3) et rassembler des pays membres de l'UE dans les cycles précédents.
Désormais il est plus que souhaitable que cette expérience précieuse soit élargie et rendue disponible au plus grand nombre.
Pour ce qui concerne la participation de l'UE dans le cinquième cycle RECAMP, je voudrais ici confirmer l'engagement de l'Union Européenne à animer le module politico-militaire prévu à Libreville en mai 2006. Evidemment, cela exigera le savoir-faire accumulé par la France, mais je ne doute pas que cette coopération sera fructueuse. Je suis sûre que les différentes étapes de RECAMP fourniront de nombreuses occasions de coopération entre la France, l'Union Africaine et l'Union Européenne.
Merci.
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