La Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale L'Union Africaine et l'Union Européenne

Cycle RECAMP V

Exercice Sawa 2006

Intervention de l'Ambassadeur Nelson M. COSME, secrétaire général adjoint de la CEEAC chargé du département de l'intégration humaine, de la paix, de la sécurité et de la stabilité

à Paris le 26 septembre 2005 lors de la Conférence des pays partenaires.

EXCELLENCE MONSIEUR LE MINISTRE PIERRE-ANDRE WILTZER,
EXCELLENCES MESSIEURS LES AMBASSADEURS ET REPRESENTANTS D'ORGANISMES INTERNATIONAUX,
MESDAMES ET MESSIEURS LES CHEFS DE DELEGATION,
MESSIEURS LES OFFICIERS GENERAUX,

La Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC), voudrait remercier les Hautes Autorités de la République Française et celles de la Commission Européenne, de l'associer à la présente Conférence des contributeurs du 5ème cycle RECAMP.

Il est de notoriété publique que l'Afrique Centrale, qui est probablement la région la plus riche du Continent au vu de ses ressources naturelles, est aussi la plus instable.

Les différentes crises connues ça et là dans la région (en Angola, au Burundi, en Centrafrique, au Congo, en République Démocratique du Congo, au Rwanda et au Tchad) corroborent ce triste constat.

Il va sans dire que cette situation a entraîné dans la région des conséquences dramatiques tant au niveau des droits de l'homme qu'aux niveaux de l'économie, de l'écologie et de la paix.

Même les pays membres de la CEEAC ne subissant pas directement de telles crises étaient touchés par les effets indirects de celles-ci (réfugiés, atteinte à l'environnement, introduction d'armes).

Dans ces conditions, tout effort de développement ne pouvait qu'être vain, et le processus d'intégration engagé ne pouvait progresser non plus.

C'est avec la conviction qu'il ne peut y avoir de développement sans paix que les Chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEEAC ont progressivement mis en place les outils suivants, susceptibles de restaurer la sécurité, la stabilité et le développement en Afrique Centrale :

Principales conclusions de ce sommet :

Le COPAX : C'est l'organe de concertation politique et militaire des Etats membres de la CEEAC, en matière de promotion, de maintien et de consolidation de la paix et de la sécurité.

Organisation et attributions du COPAX

Les instances du COPAX sont les suivantes :

La Commission de Défense et de Sécurité est chargée d'examiner toutes questions administratives, techniques et logistiques, et évalue les besoins des opérations de maintien de la paix.

La Commission est également chargée d'élaborer des rapports sur ces questions, et de les transmettre aux instances supérieures du COPAX.

Le Secrétariat du COPAX : Le Secrétariat Général de la CEEAC est l'instance de gestion permanente du COPAX. Le Secrétariat du COPAX est assuré par le Secrétaire Général adjoint chargé des questions de paix et de sécurité.

Moyens de mise en œuvre du COPAX

Les moyens suivants sont crées pour la mise en œuvre du COPAX :

Le MARAC est un mécanisme d'observation, de surveillance, de prévention des crises et conflits, et fonctionne au sein de la Communauté. Il est chargé de la collecte et de l'analyse des données aux fins de la prévention des crises et des conflits.

Le MARAC se compose d'un Centre d'observation et de surveillance (en cours d'installation) chargé d'alimenter une banque de données sur l'Afrique Centrale, et de zones d'observation et de surveillance de la sous-région (à créer).

La FOMAC est, pour sa part, une force constituée par des contingents nationaux inter-armées, des polices et des modules civils des Etats membres de la CEEAC en vue d'accomplir des missions de paix, de sécurité et d'assistance humanitaire.

Pouvoir d'engagement :

La FOMAC est mise en œuvre sur décision de la Conférence :

La CEEAC et l'Union Africaine :

La CEEAC fait partie des Communautés économiques régionales africaines (CER) reconnues par l'Union Africaine. A ce titre, dans le cadre de l'harmonisation des structures sous-régionales de prévention, de gestion et de règlement des conflits, elle s'est engagée dans la mise en place d'un Etat-major régional et d'une Brigade régionale en attente forte de 3.600 hommes, tout en s'efforçant de doter son mécanisme d'alerte précoce des compétences humaines et des moyens matériels nécessaire à une efficacité optimale.

La Brigade régionale qui prend graduellement forme, a besoin de s'entraîner, dans un souci d'harmonisation, de cohérence et d'efficacité.

C'est pourquoi il a été admis le principe de l'organisation et du déroulement des manœuvres militaires communautaires tous les deux ans, de manière rotative.

La première manœuvre, «BIYONGHO 2003», a eu lieu dans la région de Franceville, en République Gabonaise, en juillet 2003.

La prochaine manœuvre, «BARH EL-GAZEL 2005», est prévue en République du Tchad au mois de novembre de cette année. Chaque manœuvre est précédée d'une conférence de planification initiale, puis d'une conférence de planification principale, et suivie d'un débriefing.

La CEEAC et le RECAMP :

L'Afrique Centrale se réjouit donc d'avoir à tirer parti du programme RECAMP, à l'instar de l'Afrique de l'Ouest en 1998, de l'Afrique Orientale et Australe en 2002, et encore de l'Afrique de l'Ouest en 2004.

Les difficultés de l'improvisation dans les situations de crise récurrentes sur notre Continent laissent à conclure qu'il est essentiel de donner aux Etats africains les moyens de s'approprier la stabilité qui est un préalable indispensable au développement.

Plus que jamais, la résolution des conflits en Afrique Centrale passe par le renforcement des capacités de maintien de la paix : c'est la raison pour laquelle le COPAX a été créé, et c'est l'objet du programme RECAMP.

Placé sous le signe d'un double partenariat Union Européenne - Union Africaine (UE - UA), le 5ème cycle RECAMP s'effectuera en étroite collaboration avec l'UA et la CEEAC et permettra de contribuer à la valorisation des structures de prévention et de gestion des conflits de notre Communauté.

Nous apprécions le fait que cet exercice s'inscrive pleinement dans le cadre des efforts de la France et de ses partenaires du G8 pour concrétiser davantage le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD), et constitue une preuve supplémentaire de l'engagement de l'Union Européenne d'appuyer la mise en œuvre des Etats-majors régionaux et des Brigades régionales composant la Force africaine en attente.

A cet égard, trois séquences principales du 5ème cycle RECAMP sont envisagées :

En définitive, le programme RECAMP, les techniques opérationnelles qui le sous-tendent et les moyens techniques mutualisées, promettent un bon exercice basé sur une coopération élargie.

Ce transfert de savoir-faire stratégique et opérationnel contribuera opportunément à renforcer les capacités de maintien de la paix de l'Union Africaine et de la CEEAC, pour garantir la stabilité en Afrique Centrale et sur notre Continent qui est hélas plus connu pour ses troubles socio-politiques aux effets dramatiques sous plusieurs rapports.

En outre, l'important appui financier de l'Union Européenne à la CEEAC intervient à point nommé dans la phase actuelle de mise en place de son dispositif de sécurité collective.

Enfin, la CEEAC dans son ensemble, c'est-à-dire ses Etats membres, ses populations et son Secrétariat Général, expriment leur reconnaissance à la France et à tous les autres contributeurs, pour avoir choisi l'Afrique Centrale pour le déroulement du 5ème cycle du RECAMP dont la nécessité n'est plus à démontrer.

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