Exercice Sawa 2006
Prononcé le mercredi 17 mai 2006 au Palais du Parlement, à l'occasion de la Cérémonie d'ouverture.
Seul le prononcé fait foi.
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Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
Permettez moi tout d'abord de remercier la République française, initiatrice du Renforcement des Capacités du Maintien de la Paix (RECAMP) pour avoir choisi l'Afrique Centrale comme région au sein de laquelle vont se dérouler les différentes étapes du cycle RECAMP 5.
Je remercie aussi la République du Congo, la République gabonaise et la République du Cameroun qui vont respectivement abriter les trois grandes activités prévues dans le cadre du cycle RECAMP 5, à savoir, un séminaire politico-stratégique du 16 au 19 mai 2006, une Conférence stratégique du 22 au 26 mai 2006 et un exercice d'application intitulé « Exercice SAWA 2006 ».
Je n'oublie pas la République d'Angola qui a déjà abrité le stage stratégique du cycle RECAMP 5 du 18 au 24 avril 2006.
La CEEAC est co-organisatrice de ces activités dont l'importance est reconnue comme l'atteste la présidence de la cérémonie d'ouverture du présent séminaire par Son Excellence Monsieur Denis Sassou-N'Guesso, Président de la République du Congo, Président en exercice de l'Union Africaine et Président en exercice de la CEEAC dont je salue très respectueusement la présence parmi nous.
L'Union Africaine considère la CEEAC comme l'un des cinq piliers sur la base desquels elle va bâtir la coopération et l'intégration continentales dans les domaines divers.
Dans ce cadre, la CEEAC est le point focal de la mise en œuvre en Afrique Centrale du NEPAD que l'on considère comme la meilleure modalité pour promouvoir le développement de l'Afrique dans l'harmonie et la cohérence générale des programmes et projets. La CEEAC est aussi la Communauté à laquelle revient depuis l'an 2000 la complexe mission de promouvoir la paix, la stabilité et la sécurité en Afrique Centrale.
Nous pouvons déduire, de ce qui précède, que l'accomplissement des missions globales de la CEEAC ne peut qu'impliquer la création des nouvelles capacités et le renforcement de celles qui existent depuis la relance de notre Communauté décidée en 1998 par les Chefs d'Etat et de Gouvernement.
La CEEAC comprend onze Etats membres occupant ce que la géographie appelle l'Afrique Centrale et qui regorge de plusieurs ressources naturelles et potentialités. Malheureusement ces ressources et potentialités n'ont pas généré le progrès qui aurait pu permettre aux peuples de cette partie de l'Afrique de vivre dans de meilleures conditions de bien-être.
Au contraire, l'Afrique Centrale a été fortement
marquée par de nombreuses hostilités dont l'une des
conséquences remarquables a été l'entrée en
hibernation de la CEEAC pendant la période allant de 1992 à
1997.
Comme le savent beaucoup d'entre vous, sept (7) Etats sur les onze (11)
que comprend la CEEAC ont connu de graves hostilités.
Les guerres civiles intervenues dans la majorité des Etats ont fragilisé au maximum leurs capacités. Parmi les plus grandes victimes de ces guerres civiles figurent d'ailleurs l'armée et la gendarmerie bien souvent obligées, dans le cadre de la construction de la paix, d'intégrer en leur sein, des ex-combattants peu préparés à respecter les normes et les exigences militaires ; d'où l'obligation de renforcer les capacités des armées et de la gendarmerie et de la police pour en faire des corps sachant toujours avoir des comportements républicains.
La Communauté ayant pour membres des Etats, il est évident que si la majorité de ces Etats sont en conflits internes, cela ne peut que nuire considérablement à son propre fonctionnement et conduire, comme ce fut pour la CEEAC à une douloureuse hibernation.
Vous constatez que je rappelle certains faits douloureux du passé. Il ne s'agit pas d'une option pour recréer la douleur. Je n'en parle que, parce que, comme cela se dit je cite « l'homme est un apprenti et la douleur est son maître. ».
Des hommes auxquels les douleurs n'arrivent pas à fournir de précieuses leçons et ne changent pas leurs comportements sont condamnés à connaître de grands malheurs. En effet, « la douleur est une sorte de langage qui permet aux hommes de mieux tirer les leçons des évènements malheureux auxquels ils ont été confrontés ».
L'Afrique Centrale a tiré heureusement de nombreuses leçons des hostilités intervenues ici et là et qui ont engendré des conséquences multiples aux plans humain, matériel et financier.
La CEEAC, dans la douleur connue par certains de ses membres, a bien compris que seule une rupture de paix peut mieux faire comprendre la nécessité de consacrer à la promotion de la paix une place de choix dans les grandes préoccupations et dans les budgets des Etats.
Comme on le dit, c'est quand on perd la liberté ou la paix que l'on en mesure mieux l'importance et l'on en comprend mieux la signification. La paix ou la liberté peuvent être de simples mots pour un homme qui ne les a jamais perdus. Mais quand on les a perdus, même pendant un court temps, on sait que la paix et la liberté ne sont pas de simples mots. Elles sont une résultante d'exigences que chaque Etat et chaque citoyen doivent pouvoir mesurer.
En Afrique Centrale et cela est vrai ailleurs, il a été clairement vérifié qu'il n'y a pas de développement et de prospérité sans paix. Mais la paix ne résulte pas seulement de l'absence de guerre.
Il est ainsi nécessaire de créer les conditions politiques, économiques et socioculturelles de la paix. C'est pourquoi en période de paix, il faut toujours veiller à ce que certains faits, certains mots et même certaines attitudes ne conduisent à la rupture de paix. D'où la nécessité d'avoir les capacités pour faire la prévention des conflits d'une part et la gestion des conflits d'autres part.
Nous pouvons ici saluer une fois encore la claire vision des Chefs d'Etats et de Gouvernement de la CEEAC qui ont décidé, dès sa relance en 1998, de lui confier en plus de sa mission traditionnelle, celle de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique Centrale.
Dans ce cadre, de nombreux instruments juridiques ont été adoptés. Nous nous contenterons, pour les besoins du séminaire, de mettre en relief la décision par laquelle a été crée en février 1999 à Yaoundé, le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Afrique Centrale (COPAX) et en février 2000 à Malabo, le Protocole relatif au COPAX dont les deux principaux moyens d'action sont le Mécanisme d'Alerte Rapide de l'Afrique Centrale (MARAC) et la Force Multinationale de l'Afrique Centrale (FOMAC).
L'insuffisance des capacités du Secrétariat général de la CEEAC a fait que de l'an 2000 à ce jour, le COPAX n'est pas encore devenu totalement opérationnel. Mais grâce à l'adoption du nouveau mécanisme de financement de la CEEAC et grâce à l'appui de certains partenaires, des actions significatives en vue d'opérationnaliser le COPAX sont déjà réalisées ou en voie de l'être.
Nous pouvons citer dans ce cadre la tenue de 6 grandes réunions de la Commission Défense et Sécurité (CDS) qui regroupe entre autres membres, les Chefs d'Etat-Major Généraux des Armées de onze Etats membres et l'organisation de quelques exercices militaires.
La 6ème réunion de la CDS qui s'est tenue à Brazzaville du 24 au 26 avril 2006 a conduit à l'adoption d'importants documents qui permettront de parachever la réflexion en cours relative à la mise en place d'un Etat Major Régional et d'une Brigade Régionale en Attente dans le cadre du COPAX et du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Afrique Centrale.
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Mesdames et Messieurs les membres des organes constitutionnels,
Distingués invités
Mesdames et Messieurs,
Avec un tel besoin en capacités dans le domaine .vital de la paix, de la défense et de la sécurité, vous pouvez imaginer le plaisir que ressent la CEEAC au moment où se tient à Brazzaville l'important Séminaire Politico-stratégique organisé conjointement par la République Française et notre Communauté dans le cadre du RECAMP 5.
La CEEAC doit mériter sa place d'une des cinq Communautés Economiques Régionales considérées comme les piliers de l'Union Africaine et au sein desquelles seront prépositionnées les Forces en Attente au service de la paix et de la sécurité continentales.
Cela exige la formation et le renforcement des capacités de nos Forces de sécurité et de défense.
Le RECAMP, comme nous le savons, est une initiative de la France qui s'est efforcée d'ajuster sa coopération militaire aux évolutions constatées dans le monde en général et en Afrique en particulier.
Il intègre le partenariat qu'offre la France dans le cadre du renforcement des capacités de maintien de la paix. Avec un tel objectif, le RECAMP répond bien à nos urgences du moment dans le cadre de la construction de la paix qui exige de nouvelles capacités et une meilleure gestion des relations entre les civils et militaires.
C'est pourquoi, je remercie très sincèrement, au nom du Secrétariat général de la CEEAC et en mon nom personnel, les Autorités Françaises avec lesquels nous avons conjointement préparé les activités intégrant le RECAMP 5.
Je suis convaincu, qu'à la fin de toutes les séquences prévues dans le cycle RECAMP V et dont j'ai parlé plus haut, la CEEAC disposera des informations et de la formation nécessaires à la poursuite efficiente de ses activités dans le domaine de la paix.
En tout cas, tout est à bâtir dans ce domaine vital y compris le processus décisionnel dans le domaine militaire. Ce processus fera l'objet d'un exposé pour qu'il soit enrichi des contributions des séminaristes. Ce processus est important car il doit guider l'action de la CEEAC qui va bientôt mettre en place l'Etat-Major Régional et la Brigade Régionale en Attente prévus dans le COPAX en prenant en compte le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine.
Si à Luanda s'était déjà tenu le stage stratégique, si à Brazzaville se tient maintenant le Séminaire Politico-stratégique, il se tiendra une Conférence stratégique à Libreville et un exercice d'application au Cameroun ainsi que je l'ai déjà indiqué.
J'ai la pleine mesure des charges qui reviennent aux pays qui accueillent un grand événement de portée régionale ou continentale. Je mesure les sacrifices que consentiront ces pays pour garantir à l'ensemble des activités du cycle RECAMP 5 un grand succès.
C'est pourquoi au moment de conclure mon allocution, j'adresse
respectivement notre reconnaissance à leurs Excellences :
Monsieur Eduardo dos Santos, Président de la République
d'Angola ;
Monsieur Denis SASSOU-N'GUESSO, Président de la République
du Congo ;
Monsieur Paul BIYA, Président de la République du Cameroun
;
Monsieur Omar BONGO-ONDIMBA, Président de la République
Gabonaise.
Je vous remercie pour votre aimable attention.
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