La Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale L'Union Africaine et l'Union Européenne

Cycle RECAMP V

Exercice Sawa 2006

Discours de Mme ALLIOT-MARIE, Ministre de la Défense

Prononcé le 9 décembre 2004 au Palais des Rois d'Abomey à l'issue de l'exercice sur le terrain "BENIN 2004".

Mme Alliot-Marie, Ministre de la DéfenseMessieurs les Ministres,
Messieurs les ambassadeurs,
Monsieur le Maire,
Messieurs les officiers généraux,
Mesdames et Messieurs,

Nous retrouver si nombreux aujourd'hui à Cotonou, pour marquer la fin du quatrième cycle RECAMP, est le meilleur témoignage de l'intérêt grandissant que suscite cette approche du maintien de la paix en Afrique, que la France s'efforce de promouvoir.

Renforcer les capacités de maintien de la paix du continent, c'est permettre aux Etats et organisations africains de prendre en main les problèmes de sécurité qui les affectent et qui compromettent leur développement.

Est-il besoin de le rappeler ? C'est malheureusement en Afrique qu'éclatent nombre des conflits qui déchirent notre monde.

C'est aussi en Afrique que se déroulent près de la moitié des opérations de maintien de la paix mises en œuvre par la communauté internationale.

La partie du cycle RECAMP qui se déroule ici au Bénin concrétise les travaux politiques et militaires en cours depuis deux ans.

Les treize pays de la CEDEAO, dix pays non africains, de grandes organisations internationales et plusieurs ONG ont répondu à notre appel pour travailler en commun au succès de l'exercice « Bénin 2004 ».

Le Bénin est un pays stable et pacifique ; son engagement très concret dans des opérations de maintien de la paix ne s'est jamais démenti.

A plus d'un titre, il disposait donc d'une légitimité particulière pour co-organiser et accueillir cet exercice.

Je tiens à remercier chaleureusement les autorités béninoises de l'avoir fait.

Cette journée traduit, à mes yeux, la rencontre de deux volontés, celle des pays africains et celle de la France.

Elle est également une occasion de réfléchir aux moyens de concrétiser ensemble nos ambitions.

1. Cet exercice traduit la rencontre de deux volontés :

1.1 La volonté des Africains de s'impliquer de plus en plus en faveur de la sécurité de leurs populations et de leurs territoires.

Dans le Darfour soudanais, les forces de l'Union Africaine assurent le cessez-le-feu et soutiennent le processus de paix.

En République centrafricaine, à Bangui, la force de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (CEMAC) est engagée en soutien du processus de paix, aux côtés du détachement français de Boali.

En Côte d'Ivoire, des contingents africains, provenant en majeure partie de la CEDEAO, sont engagés sous le béret bleu de l'ONUCI.

RECAMP a largement contribué à ces succès opérationnels.

C'est une approche « vivante », souple, qui a su évoluer avec le temps pour être approprié par les différents acteurs.

On peut affirmer sans hésiter que RECAMP a permis une évolution des mentalités.

Les officiers d'états-majors ont progressé dans le travail interarmées et dans un cadre multinational.

L'interopérabilité des forces a pu être améliorée.

RECAMP a également donné à des hommes une tâche commune, leur permettant de mieux se connaître pour relever les défis de ce continent.

1.2 La volonté de la France d'appuyer son action en Afrique sur une politique de sécurité et de défense rénovée.

La politique de la France en Afrique est caractérisée par des liens historiques et culturels forts.

Ces liens demeurent, et demeureront, mais nos relations ont profondément évolué.

Notre politique est fondée sur des principes clairs :

Notre approche des questions africaines est ainsi globale et multilatérale.

Globale, parce que nous traitons en étroite liaison toutes les questions liées à la prévention et au règlement des crises, qu'elles soient militaires, politiques, sociales ou économiques.

Multilatérale, parce que nous jugeons impératif de mettre en commun les efforts et de ne pas disperser les moyens et les énergies que fournissent les Etats, les sociétés civiles, les organisations régionales et internationales ou les ONG.

Cette approche n'exclut en rien les relations bilatérales que nous entretenons et continuerons d'entretenir avec de nombreux pays africains.

Cette coopération est nécessaire à la mise en œuvre des outils de défense des Etats, qui forment les piliers des systèmes de sécurité régionaux

2. Forts de ces volontés conjuguées, nous devons réfléchir ensemble aux moyens de concrétiser nos ambitions pour l'Afrique.

2.1 Il est nécessaire de poursuivre et d'approfondir la démarche RECAMP.

Dans le domaine de l'entraînement :

RECAMP 4 a permis de développer l'ensemble du processus décisionnel d'une opération de maintien de la paix, du niveau politico-militaire

jusqu'au niveau tactique.

Dans le domaine de l'équipement :

La loi de programmation militaire française 2003-2008 prévoit le reconstitution progressive des stocks RECAMP dès 2005.

Cela permettra aux armées africaines d'améliorer la disponibilité opérationnelle de leurs propres équipements.

Dans le domaine de la formation :

Nous devons encore développer les formations collectives.

C'est l'objectif de la réinstallation de l'école à vocation régionale à Bamako .

2.2 L'Union européenne a un rôle déterminant à jouer dans ce partenariat nouveau avec l'Afrique.

L'Europe se montre de plus en plus déterminée à s'investir sur les questions de sécurité africaines.

Nous encourageons les Européens à participer davantage à nos projets communs, à commencer par RECAMP. Nous saluons ceux qui apportent déjà une contribution active à cet exercice.

L'Union européenne approfondit par ailleurs sa relation avec l'Union Africaine, comme on le voit actuellement au Darfour.

Je tiens à adresser mes sincères remerciements à tous les représentants des Etats et des organisations qui ont apporté une contribution concrète à la réalisation de ce quatrième cycle RECAMP.

Ensemble, nous manifestons notre volonté d'aider l'Afrique à progresser sur la voie de l'appropriation de ses questions de sécurité, dans un esprit de solidarité et de coopération internationale.

Prochainement, le cycle RECAMP 5, que nous envisageons de consacrer à la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale, ouvrira de nouvelles perspectives.

Il n'y aura pas de développement possible de l'Afrique sans sécurité, comme il n'y a pas de sécurité sans développement.

La situation sécuritaire de l'Afrique concerne les Africains. Elle concerne aussi les Européens et le reste du monde.

En travaillant à la consolidation des capacités africaines de maintien de la paix et de gestion des crises, nous réunissons les conditions d'un développement durable du continent.

Nous oeuvrons ainsi à la paix et à la stabilité de ce monde.

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