Cycle RECAMP V
Exercice Sawa 2006
La gestion des crises en Afrique subsaharienne : le rôle de l'Union Européenne, par Fernanda Faria - novembre 2004.
Le document complet de 87 pages peut être téléchargé au format pdf sur le site de
l'Institut d'Etudes de Sécurité de l'Union européenne (IES-UE).

La gestion des crises en Afrique subsaharienne : le rôle de l'Union Européenne (nov. 2004) - 556 ko |

Crisis management in sub-Saharan Africa. The role of the European Union (april 2004) - 461 ko |
.../...
3.2 Initiatives bilatérales visant à renforcer les
capacités nationales et régionales africaines en
matière de gestion des crises
France
Après la décolonisation, la France a continué de
mener une politique active à l'égard de l'Afrique et est
régulièrement intervenue dans la région, bien que ce
soit parfois à l'appui de régimes faibles et dictatoriaux
(en particulier dans les années 1970 et 1980). À partir du
milieu des années 1990, les interventions françaises en
Afrique se sont raréfiées et la France a réduit sa
présence militaire dans la région (qui est passée de
8 000 hommes en 1985 à 6 000 en 2001), ce qui s'explique
essentiellement par une évolution de la politique française
à l'égard de l'Afrique, plutôt que par un
désengagement par rapport à cette région. Cette
évolution a pris quatre formes principales :
-
une modification de la conception de la paix et de la stabilité
en Afrique, essentiellement axée sur le développement des
capacités africaines de maintien de la paix dans la
région, sous la forme d'une préparation à une
mobilisation rapide des unités des structures militaires
existantes dans les pays africains ;
-
un multilatéralisme privilégiant une approche
sous-régionale plutôt qu'une approche par pays, en vue de
favoriser une coopération et une coordination accrues entre les
pays africains et leurs forces militaires ;
-
une orientation régionale plus large, ne se limitant plus
à l'Afrique francophone, et une ouverture et un soutien
renforcés aux activités des autres pays ;
-
la transparence, tous les pays étant informés des
contributions et les opérations étant limitées au
maintien de la paix et à l'aide humanitaire20.
Le programme français de renforcement des capacités RECAMP
(Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix),
établi en 1996, est la pièce maîtresse de la nouvelle
politique de la France à l'égard de l'Afrique. Au titre du
RECAMP, la France fournit :
-
un enseignement de compétences relatives au maintien de la paix,
destiné aux forces armées et de police de plus de 30 pays
africains, francophones ou non, prenant la forme de cours
dispensés en France et dans plus d'une dizaine d'écoles
militaires en Afrique, soutenues par la France. Bien que ces
écoles militaires soient nationales (la plupart sont
situées dans des pays francophones), elles ont une vocation
régionale et sont ouvertes aux ressortissants étrangers.
L'enseignement y est parfois dispensé en anglais et en
français (par exemple, à l'école de Zambakro en
Côte d'Ivoire [1]). L'enseignement comprend une formation
d'observateur militaire, une formation au niveau des bataillons et des
brigades, ainsi que l'enseignement de connaissances
particulières destinées au personnel des trois
armées et de la police et une formation
spécialisée, notamment en communication et en
médecine (une formation en déminage est également
envisagée). Au cours des dernières années, la
France s'est également engagée à renforcer les
capacités des pays africains à réparer et
entretenir les véhicules militaires, en leur fournissant des
pièces de rechange, des techniciens et un financement (pour les
pays ayant conclu des accords de coopération militaire avec la
France) ;
-
une formation de terrain multinationale, à vocation
régionale. Trois exercices multinationaux, auxquels ont
participé des pays de toutes les régions d'Afrique
subsaharienne, ont été réalisés
jusqu'à présent au titre du RECAMP et un quatrième
est prévu au sein de la CEDEAO pour fin 2004-début 2005
au Bénin. Des exercices organisés par des organisations
sous-régionales (essentiellement en Afrique de l'Ouest mais
également par la SADC) ont été appuyés par
la France qui a fourni des troupes et du matériel, ainsi qu'un
soutien financier et logistique. La France participe également
à des exercices militaires de routine avec des pays africains
(la plupart sont bilatéraux et quelques-uns
multilatéraux) ;
-
le prépositionnement de matériel à l'appui des
forces africaines participant aux initiatives de maintien de la paix
dans la région. Jusqu''en 2002, on comptait trois
dépôts (situés à Dakar, Libreville et
Djibouti). Le matériel pré-positionné dans ces
dépôts est destiné à équiper et
soutenir un bataillon d'infanterie de 600 personnes et comprend des
armes de fabrication française (essentiellement des armes
individuelles et quelques armes collectives), des véhicules
(véhicules blindés légers, jeeps, camions et
ambulances ; des véhicules blindés de transport de
troupes devaient également être fournis), du
matériel de communication et d'autres types de matériel
non létal (uniformes, générateurs, tentes,
installations de purification d'eau). Le dépôt de Dakar
comprend un hôpital de campagne de 100 lits, disposant de
l'équipement médical et des véhicules d'appui
nécessaires. Ce matériel a été
utilisé à plusieurs reprises pour soutenir des missions
de maintien de la paix, y compris des opérations dirigées
par des pays africains dans la région, et pour aider des pays
africains participant à des missions de maintien de la paix des
Nations unies. Le matériel RECAMP doit rester sous
contrôle français et être rapporté au
dépôt une fois la mission accomplie, ce qui semble
toujours avoir été le cas.
La France intensifiera probablement son soutien aux organisations
régionales et sous-régionales d'Afrique subsaharienne,
même si le programme RECAMP n'a pas été marqué
par une forte participation ni un soutien important des structures des
organisations régionales, souvent en raison des faiblesses de ces
organisations. Toutefois, la France est en train d'établir des
liens avec certaines organisations régionales africaines et de
leur apporter son soutien (CEDEAO, IGAD, CEEAC et Union africaine par
exemple), en accréditant ses attachés de défense
auprès de ces organisations. Elle appuie également les
forces de maintien de la paix de la CEEAC en République
centrafricaine (RCA). En outre, elle contribue au Fonds pour la paix de
l'OUA et soutient activement les opérations de maintien de la paix
des Nations unies ou dirigées par des pays africains en Afrique ;
à certaines occasions, elle leur a fourni une aide logistique et
financière déterminante.
La France est intervenue à plusieurs reprises en Afrique, aux
côtés d'organisations sous-régionales africaines ou
de l'ONU (avec son mandat), afin de rétablir la paix ou d'aider
à contenir un conflit. Les derniers exemples en date sont
l'opération Artemis menée, sous commandement
français, par l'UE en RDC, un petit détachement de
militaires français (environ 200 hommes) en RCA et
l'opération Licorne (4 000 hommes) en Côte d'Ivoire, qui se
révèle particulièrement difficile pour l'ancienne
puissance coloniale et où la France est parfois perçue par
certaines parties au conflit comme partie prenante plutôt que comme
médiateur ou force neutre de maintien de la paix. La France a
déployé en 2002 une force de 4 600 hommes en Côte
d'Ivoire, qui est passée à 5 000 hommes lors de la
récente aggravation de la crise.
.../...
[1] Note webmaster : actuellement Ecole de Maintien de la Paix à Koulikoro (Mali) en
cours de délocalisaion à Bamako (Mali).

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