Exercice Sawa 2006
FRS0475 4 P 0685 FRA /AFP-ZM54
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Interventions militaires en Afrique: plus d'Europe, moins de France ?
(ECLAIRAGE)
Par Alain BOMMENEL
PARIS, 19 mai 2006 (AFP) - L'envoi d'une force militaire de l'Union européenne en République démocratique du Congo (RDC) vient appuyer la volonté de Paris de ne plus être le "gendarme" de l'Afrique, mais l'engagement militaire des Européens reste modeste et difficile à mettre en place.
Cette force va être déployée pour contribuer au bon déroulement des premières élections libres depuis 40 ans dans cet immense pays (ex-Zaïre), prévues le 30 juillet.
"EUFOR RD Congo" sera dirigée par l'Allemagne, une première saluée comme un pas "très important" par Paris.
Forte de 1.500 hommes, dont environ 850 Français et 500 Allemands, elle interviendra, en cas de troubles, en appui aux 17.000 casques bleus déployés dans cette ex-colonie belge ravagée par cinq ans de guerre régionale (1998-2003) ayant fait plus de 3 millions de morts.
"Jusqu'en 2002, l'Afrique était presque complètement absente de la politique étrangère et de sécurité de l'UE. Il y a désormais une +européanisation+ des questions africaines", relève un diplomate français.
"Si on ne stabilise pas l'Afrique, les aspects négatifs se répercuteront en Europe", a expliqué à l'AFP l'envoyé spécial de l'UE dans les Grands Lacs, Aldo Ajello, en marge d'une réunion entre Européens et Africains à Brazzaville, en évoquant notamment l'arrivée de vagues de migrants africains.
L'UE avait lancé en juillet 2003 sa première opération militaire en Afrique, en RDC, dans la province de l'Ituri, ravagée par les conflits ethniques.
Cette opération "Artémis" était dirigée par Paris et très largement formée de troupes françaises.
La France est la seule puissance étrangère à maintenir un dispositif militaire sur le continent depuis les indépendances africaines avec ses bases au Sénégal, au Gabon, en Côte d'Ivoire au Tchad et à Djibouti, soit quelque 6.000 hommes.
Paris a cette fois décliné le commandement de l'EUFOR, manifestant ainsi sa volonté de voir l'Europe s'impliquer davantage.
La France assurera toutefois un commandement opérationnel à Kinshasa de l'EUFOR, qui se met difficilement en place au niveau européen. La Grèce, le Portugal et la Pologne doivent contribuer à l'EUFOR.
En Allemagne, l'engagement dans l'EUFOR a suscité un vif débat politique, en raison notamment des risques pour la vie des soldats.
La France tente aussi avec difficulté de convaincre ses partenaires d'appuyer son programme de formation, d'entraînement et de soutien RECAMP (Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix), lancé en 1997.
Paris veut aider l'Union africaine à assurer elle même des missions de paix à l'horizon 2010.
Mais les Britanniques sont très réservés, de nombreux pays rechignent à débloquer des fonds, les pays de l'Est sont peu concernés. "Ca n'avance pas, et c'est souvent une question d'argent", lâche le colonel belge Henry Kesteloot, qui représente son pays à RECAMP.
"Chacun a son histoire en Afrique. Il faut mettre toutes ces histoires de tous les pays européens en Afrique ensemble, et en faire une histoire européenne", explique M. Ajello.
"Les choses bougent, lentement. Il est difficile de convaincre les Européens de s'engager", reconnaît un responsable militaire français. "L'Afrique fait encore peur".
Autre souci pour Paris: convaincre les Africains que si la France prône désormais une approche multilatérale, elle ne "lâche" pas l'Afrique.
Pour garantir la sécurité sur le continent, il faut "plus d'Afrique, plus d'Europe, ce qui ne veut pas dire moins de France", assure le haut représentant français pour la prévention des conflits et la sécurité Pierre-André Wiltzer.
"La France ne raisonne plus en termes d'influence" en Afrique, explique le chef d'état-major des armées, le général Henri Bentégeat.
"Ca a longtemps été le cas", reconnaît-il, "mais aujourd'hui nous sommes confrontés à des problèmes de sécurité qui sont considérables et nous ne pouvons plus les assumer seuls".
abm/phv/al AFP 191338 MAI 06
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