Exercice Sawa 2006
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Redéploiement tous azimuts
Paris entend donner une nouvelle légitimité à sa
présence militaire sur le continent, contestée notamment
à Abidjan. Et mettre sur pied le dispositif qui va avec. Revue de
détail.
FRANCE - 18 septembre 2005- par SAMY GHORBAL
La France veut repenser et réorienter sa présence militaire en Afrique. Et placer ses bases de Dakar, Libreville et Djibouti au service des brigades régionales de maintien de la paix créées par l'Union africaine (UA). Cette évolution, en gestation depuis le lancement, en 1997, du programme pour le Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix (Recamp), a sans doute été accélérée par les tragiques événements de novembre 2004 en Côte d'Ivoire. La France, qui cherche à donner une nouvelle légitimité à la présence permanente de 6 700 (hors opération Licorne) de ses soldats sur le continent, au moment où celle-ci est de plus en plus contestée par une large frange des opinions publiques, notamment à Abidjan, veut faire de la coopération en matière de sécurité avec l'UA une des missions à part entière de ses bases militaires. L'organisation panafricaine entend se doter de cinq brigades sous-régionales de maintien de la paix opérationnelles d'ici à la fin de la décennie.
Sous-équipées, mal entraînées et manquant de moyens de projection, ces forces encore embryonnaires pourront trouver auprès des bases françaises des instructeurs et l'appui en logistique et en matériel. « L'idée est de décliner à plus grande échelle ce que nous faisons déjà dans le cadre de Recamp, explique une source militaire française. Pour cela, nous allons renforcer les états-majors de nos trois futures bases principales, et augmenter le nombre d'officiers généraux, afin d'améliorer la coordination. Nous ne travaillerons plus en vase clos, en nous concentrant uniquement sur l'aspect bilatéral de la coopération, comme c'est le cas aujourd'hui. Et nous souhaitons aussi, à terme, réussir à associer nos partenaires européens à cette démarche. L'Afrique n'est pas et ne doit pas être une chasse gardée. »
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