Exercice Sawa 2006
Le document original peut être consulté sur le site de Radio-France.
RECAMP 5 : Exemple du virage stratégique militaire de la
France en Afrique ?
Un dossier d'Emmanuel Leclere, journaliste au service Etranger de France
Inter.
Chronique du 27 septembre 2005
C'est un objet pour l'instant virtuel de conception militaire
française mais qui pourrait très vite porter les couleurs
de l'Union Européenne.Son nom : "RECAMP 5". Il s'agit du nouveau
programme de Renforcement des Capacités Africaines de Maintien de
la Paix pour les 2 ans à venir. Une quarantaine de pays
susceptibles de contribuer à ce programme sont venus
découvrir « RECAMP 5 » hier à Paris. Ils ont pu
voir ainsi comment la France entend concrétiser un changement de
stratégie sur une partie de son engagement militaire en
Afrique.
Les cycles RECAMP sont l'un des symboles de cet engagement militaire
français en Afrique. Ce sont des programmes qui ont
débuté il y a 10 ans maintenant. L'objectif étant
d'aider à la création de forces africaines de maintien de
la paix. En résumé, ce sont par exemple des formations
notamment pour des officiers amenés à s'intégrer
dans des états majors mais il y a aussi la fourniture de
matériel militaire. Pour le prochain cycle, le cinquième du
nom, il va donc falloir recréer des dizaines de formations,
réalimenter les 3 principaux dépots de matériels et
de munitions actuels qui sont quasiment vides.
La France ne veut plus - ne "peut" plus - y aller seule. C'est ce que dit
très clairement Pierre André Wiltzer, le haut
représentant français pour la sécurité et la
prévention des conflits. Il présidait la conférence
qui s'est tenue hier à Paris. Le contexte c'est aussi
l'expérience de la Côte d'Ivoire. Ce qu'explique Antoine
Glaser, historien, journaliste, auteur du récent ouvrage
intitulé "Comment la France a perdu l'Afrique." Et la solution
serait un concept RECAMP avec un label 100 % union européenne
d'après des observateurs présents hier à Paris. Et
cela pourrait aller très vite si l'on en croit Benoit Dejoue. Il
faisait partie de la délégation venue de Bruxelles. En
attendant, Paris espère convaincre le plus grand nombre
d'états de l'union européenne à s'investir
individuellement. Les réponses sont attendues dans les 4 semaines
à venir mais d'autres pays seraient très favorables au
projet selon Nelson Cosme, le représentant de la communauté
économique des états d'afrique centrale. Les responsables
africains recontrés évoquaient tous l'importance de
l'engagement des pays du nord de l'europe dans RECAMP - une question
là encore de légitimité car ce sont des pays qui
n'ont pas d'histoire coloniale avec l'Afrique. On comprend bien
l'importance de cette caution européenne pour Paris à
travers ce projet RECAMP. Mais jusqu'où peut aller ce virage
stratégique quand on connaît les relations trés
particulières de la France avec de nombreux pays africains.
Certains stratèges militaires français avaient
confié hors micro la semaine derniere que RECAMP serait le
pretexte à un vaste redéploiement des forces
françaises en Afrique avec fermeture envisagée de plusieurs
bases, en particulier du 43 eme BIMA à Abidjan. Hier
Jean-François Bureau, le porte parole du ministère de la
défense n'avait pas du tout la même version.
On a donc les deux versants actuels de la position française en
Afrique : d'un côté, la recherche d'une caution
européenne et de celle de l'union africaine ; de l'autre, pas
touche aux accords billatéraux. Antoine Glazer le dit d'une autre
façon.
Le projet RECAMP, les relations entre Paris et le continent Africain, un
sujet qui sera de nouveau abordé lors du prochain sommet France
Afrique début décembre à Bamako au Mali.
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